#Bruxelles


Autant vous prévenir tout de suite, je suis d'humeur un peu aigrie ce matin et ce billet va forcément s'en ressentir. En fait, et c'est bien compréhensible, je me trouve dans le même état moral que le jour où j'ai pondu ce billet-là. Du coup, j'ai l'humour un peu grinçant, même si je sais bien que l'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde.

Ai-je besoin de préciser le sujet de ce billet ? Le titre est déjà bien explicite. Je me répète mais j'aimerais bien arrêter de voir se créer de nouveaux hashtags de ce genre : moi, je veux tout simplement que l'on n'ait plus à mettre #Bruxelles, #13novembre2015 ou #attentats au bout d'un tweet. Jamais.

Oui, je sais, si j'en crois les experts sur le sujet et un article que j'ai lu sur LePoint.com hier, qui m'a réellement fait froid dans le dos, je crains malheureusement que nous ne soyons pas au bout de nos peines. Et le mot est faible.

Il y a tout de même quelque chose que j'ai remarqué, du fin fond de ma campagne, moi qui me trouve bien heureusement - merci le bon Dieu (je crois que quels que soient leur nom, ils sont foncièrement gentils, quand même, ces êtres divins) - épargnée par Charlie, le 13 novembre et Bruxelles : j'ai l'impression que l'on commence à vivre avec cette idée que des attentats vont se produire, malgré le travail aussi minutieux soit-il des autorités, que c'est inévitable, reste à savoir où et quand. Et je vous assure que, pour ma part, j'ai quand même du mal à m'y faire. D'ailleurs, je ne VEUX pas m'y faire.

La preuve, hier soir, un détail m'a frappée juste avant le J.T. du soir : l'émission Cash Investigation, que j'adore pourtant, n'a été ni déprogrammée, ni retardée. A 20h55 piles, Elise Lucet remettait sa copie sur un sujet bien occidental, "Les salariés à prix cassés". L'émission a dû plaire à Pierre Gattaz, tiens : ça va bien l'aider à vendre la loi El Khomri à l'opinion publique, ce genre de programme diffusé en prime time.

Je n'ai pas été choquée mais surprise que France 2 (et probablement les autres chaînes de télé, je m'en doute bien, il se trouve simplement que nous regardions la 2, hier soir) ne nous serve pas une émission spéciale attentats ou prolonge son J.T., comme ce fut le cas quand ces assassins s'en sont pris à Paris. 

A leur décharge, on a quand même eu droit à Bernard Cazeneuve avec son costard de premier communiant : c'est de saison, me direz-vous. Et TF1 a renoncé à diffuser le final des Experts hier soir... pour nous diffuser un épisode d'Esprits Criminels. Faut quand même pas pousser, après tout, ça a quand même dû leur coûter, ce manque à gagner. Ils font chier ces terroristes, aussi.

Contredisez-moi en commentaire si je me trompe mais il ne me semble pas non plus que France 2 nous ai montré une image de la Tour Eiffel dans sa robe belge, comme celle que j'ai trouvée sur le site de Nice Matin :

Si je lève mon pilier, je t'écrase : tu fais moins le malin, hein ?

Je suis une grande admiratrice de la belle Tour Eiffel, que voulez-vous et j'ai toujours plaisir à la regarder, alors j'étais un peu déçue. Bon, je me suis rattrapée depuis, comme vous le voyez.

Au-delà de tout ça et même si j'ai le bonheur (que je mesure à sa juste valeur, croyez-moi) d'être épargnée, toute cette violence, toute cette haine et ce fanatisme débile continuent à me choquer, que cela se passe à Paris, à Bruxelles, en Tunisie ou ailleurs. Le stade de la colère est dépassé apparemment, pour autant je ne peux pas me résigner à ce genre de faits et je garde une haine indescriptible pour tous ces types qui trafiquent leurs ceintures Sport Elec avec des explosifs.

C'est drôle, enfin façon de parler, on se disait justement lundi soir avec Papa est occupé, en regardant les infos et l'arrestation de l'autre-là, que Bruxelles est une ville qu'il doit être sympa à visiter. Un peu plus tôt dans la soirée, en préparant le dîner, j'avais aussi entendu cette chanson à la radio :



C'est fou ce que d'éplucher des patates laisse comme temps de cerveau disponible, soit dit en passant. Reste que je trouve cette chanson très jolie, la Princesse aussi, d'ailleurs elle nous esquisse toujours quelques pas de danse quand elle l'entend.

Quand je pense qu'hier matin, à 8h, j'emmenais mes loulous à l'école, nous prenions les transports en commun, et qu'au même moment, des hommes, des femmes, des enfants, des gens comme nous, voyaient leur vie brisée, rattrapée par ce sombre destin, chopés de plein fouet dans leur quotidien, dans le métro ou à l'aéroport. Au-delà de la peine immense et de la compassion, j'ai beau faire, moi, je ne m'habitue pas.

Je ne me fais pas à l'idée qu'à chaque fois que nous allons projeter de nous rendre à Paris ou ailleurs, nous allons avoir cette pensée : et s'il se passait quelque chose ? Et si c'était notre dernier voyage ? Et s'il arrivait quelque chose à l'un d'entre nous ? Ce n'est pas vraiment de la peur, c'est plus de l'angoisse, qui provoque soit la résignation, soit l'acceptation du risque. Et moi, je veux pouvoir aller où je veux, quand je veux, avec qui je veux.

Je ne vais pas m'étendre davantage sur ma petite vie bien au chaud : je vais juste souhaiter une nouvelle fois beaucoup de courage aux personnes qui sont dans la peine.

Et j'aimerais quand même bien que ce soit la dernière fois.




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