Le parent, cet hypocrite...



C’est par une journée bien pourrie du mois de mai que nous sommes allés en famille assister à l’instant de gloire annuel de nos loulous, comprenez : la fête de l’école.

L’établissement avait planifié la fête assez tôt dans le calendrier cette année : si c’était pour avoir du beau temps, c’est raté – le froid et la flotte furent eux aussi de la fête.

Nous sommes donc partis de bon matin (ni sur les chemins, ni à bicyclette), non sans avoir dû expliquer plusieurs fois à la Princesse pourquoi elle allait devoir aller à l’école alors que nous étions samedi et que non, nous n’allions pas la laisser là-bas jusqu'au soir (quoique tentés par une journée peinard rien qu’en y pensant mais bon).

Nous avons donc déposé les loulous dans leurs classes pour qu’ils puissent se changer en vue du spectacle et nous sommes allés nous installer dans la salle, comprenez : un gymnase, aux portes grandes ouvertes et à l’acoustique nulle.

Après quelques longues minutes à patienter ou plutôt, à lutter contre le froid chargé d’humidité, le spectacle a commencé.

D’abord par une pièce de théâtre, de laquelle nous n’avons pu saisir que quelques bribes de dialogue, à cause de cette acoustique de m…. C’est là que l’hypocrisie parentale atteint son paroxysme : je défie les parents présents, même ceux assis devant et donc les plus proches des enceintes, de nous raconter la pièce de théâtre. Mais ce n’est pas grave : tout le monde a applaudi à tout rompre et a crié « bravo ! » en faisant croire que l’on avait bien tout compris. J’ai honte, croyez-le bien.

Et puis est venu le moment, enfin l’un des deux moments les plus attendus de la matinée : le passage des loulous. L’un a dansé, l’autre a chanté (heureusement que nous connaissions la chanson par avance, sinon nous n’aurions rien compris).


Voilà le genre de photo compromettante à ressortir dans quelques années :-)

Pendant ce temps-là, nous avons filmé, shooté à l’appareil photo, avec le renfort du smartphone (parce que l’angle est différent 50 cm plus loin). L’objectif : ne pas en perdre une miette. Et comme de nombreux parents autour de moi, je me suis mise à agiter la paluche au-dessus de la tête du chauve de devant pour que la Princesse me situe dans l’assemblée. Quand je pense que dans quelques années, ce genre de manifestation me vaudra inévitablement des tonnes de reproches de sa part.

Je me suis donc surprise en pleine crise de gagatisme. Car, avant d’avoir des enfants, je me suis bien sûr dit que, quand je serai mère, je ne me rendrai surtout pas ridicule pendant le spectacle de fin d’année, avec la main levée à brailler « coucou » devant une salle bondée. Et puis, d’un seul coup, je me retrouverais presque à donner un coup de coude au chevelu du côté en lui disant : « Vous avez vu, c’est ma fille qui chante, là » !

La maternité a des effets que je ne m’explique vraiment pas. Moi qui suis plutôt d’une nature introvertie, timide même, je me retrouve complètement en transe devant une chanson massacrée par les élèves de Petite Section de Mme Robert. Je n’aurais pas été plus excitée à un concert de Shaka Ponk (quoique…).

La journée s’est terminée – dans le froid et sous la flotte toujours – mais avec des souvenirs supplémentaires, qui me rappellent que l’année scolaire s’achèvera dans quelques jours déjà...


Commentaires

  1. Eh oui, on devient vraiment graves...
    Moi je fais coucou comme une conne à chaque tour du manège. Les 3/4 du temps je me prends des gros vents !

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    1. Moi, c'est le contraire : si j'ai le malheur de rater un tour, les loulous tirent une de ces tronches...

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  2. et oui lorsqu'on devient parent on change... et comme ce sont nos enfants on aime tout !!

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  3. Héhé, je me revois à la fête de l'école de plume... Avec en plus l'angoisse que quelque chose se passe mal... J'étais toute chose : Achevez-moi !

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