Nouvelle v(o)ie


On dit qu'il faut savoir se satisfaire de ce que l'on a : je suis bien d'accord avec ça. Toutefois, rien n'empêche de tenter d'améliorer l'existant. Si j'ai une vie perso tout à fait épanouie, il y a un pan de moi-même que j'ai laissé considérablement à l'abandon depuis plusieurs années : ma vie professionnelle. Et ça me chagrine un poil, surtout quand je compte les années restant à tirer avant la retraite : pas loin de 25 baluches. C'est long, 25 baluches. Surtout quand on s'ennuie dans son job et que ce dernier tend à disparaître, de même que les opportunités de changement qui vont avec.

Partant de ce constat, 2 solutions s'imposent : ou bien prendre son mal en patience et résister tant bien que mal, bien accrochée à son siège de bureau, aux diverses tempêtes, vacheries et autres placardisations qui ne manqueront de se produire, faute d'être suffisamment décorative un jour ou l'autre, ou bien se sortir les doigts du fion et prendre son destin en main. Étant donné ma trouille viscérale des araignées, vous imaginez bien que je n'ai pas choisi de moisir dans un coin de mon bureau.

J'ai donc choisi la deuxième solution. J'ai bien eu droit aux réflexions relatives à une éventuelle crise de la quarant...., enfin, de vous savez quoi, auxquelles je n'ai opposé aucune réponse puisque il est bien connu qu'on ne parle pas aux cons, ça les instruit. D'autant plus que mon projet ne date pas d'hier mais de 2010 en fait : l'année où j'ai réalisé un bilan de compétences, qui a eu le mérite de m'ouvrir les chakras et de me faire réaliser que poursuivre un projet professionnel avec une pratique assidue de l'anglais ne m'intéressait pas plus que Donald Trump ne s'intéresse à la physique quantique, bien que ce soit ma formation de départ (l'anglais, pas la physique, suivez un peu). Par contre, et c'est là tout l'intérêt d'un bilan de compétences, je me suis rendue compte que ma motivation principale, c'était d'exercer un métier utile, porteur de sens. D'où le côté humain. Et par extension les ressources humaines.

Restait à laisser faire le temps et à mûrir mon projet pour être bien certaine de la voie que je voulais suivre : bon, j'ai pris le temps, j'ai mis 6 ans. Et puis l'an dernier, le déclic s'est produit : bye bye certains dossiers, merci la régionalisation. Quand j'ai vu le coup arriver, j'ai commencé à étudier les cursus de formations possibles en tenant compte, bien sûr, de mes contraintes familiales mais surtout, en privilégiant un cursus reconnu sur un plan national et pas une formation toute pourrie qu'aucun employeur ne connaît et surtout, ne reconnaît.

Dès le départ, j'ai décidé de me donner les moyens de réussir cette reconversion et donc, de prendre le temps : j'ai tout de suite envisagé de demander un Congé Individuel de Formation et de me former à temps plein (les cours du soir et du samedi matin, merci bien, j'ai deux enfants, j'ai envie de les voir grandir, alors si on pouvait éviter, hein). L'autre condition que je me suis imposée, c'est de privilégier un cursus professionnalisant : je suis déjà passée par la case apprentissage, je peux témoigner que c'est vraiment la seule voie royale pour apprendre un métier et pour se donner toutes les chances de décrocher un job à l'issue de sa formation. J'ai donc choisi une Licence Professionnelle RH à l'IAE du coin avec 2 jours de formation et 3 jours de stage chaque semaine.

J'ai ensuite pris rendez-vous au Fongecif, avec un conseiller (topissime, vraiment, hyper professionnel et très à l'écoute) qui m'a tout d'abord confirmé la faisabilité de mon projet, puis conseillée sur mon projet professionnel et informée de la procédure à suivre pour monter mon dossier de demande de financement. C'est à ce moment-là, quand tu ressors de ce premier rendez-vous avec ton conseiller Fongecif, que tu testes ta motivation car le dossier est lourd... mais c'est fait exprès : c'est le moyen de tester la faisabilité de ton projet, les débouchés possibles à l'issue de la formation envisagée et de voir si tu te sens en capacité d'aller au bout.

J'ai commencé mes démarches tout de suite : entretiens avec des professionnels du métier visé pour conforter ma vision du secteur, collecte d'offres d'emploi et d'articles de presse pour prouver que des débouchés existent et pour finir la cerise sur le gâteau, que le conseiller te demande de ne rédiger que quelques jours avant de déposer ton dossier de demande de financement, une fois que tu as tout bien passé les étapes : le courrier de motivation pour le passage en Commission. Le mien faisait 2 pages, la bonne longueur m'avait t'on dit (mais j'aurais pu faire plus, seulement, ce serait devenu soporifique). Dedans, tu expliques pourquoi tu veux suivre cette formation, pour aboutir à quoi, pourquoi tu en es venue à envisager un CIF, bref : tu expliques pourquoi tu veux quitter ton job et te reconvertir et tu fais tout pour convaincre le Fongecif de soutenir financièrement ton projet.

C'est Papa est occupé qui a déposé le dossier au Fongecif : je me suis dit qu'il n'y avait que lui qui pouvait me porter chance. Et puis La Poste m'avait déjà paumé mon dossier de demande d'inscription à l'IAE, alors.... 

Fin juin, j'ai été convoquée pour un entretien d'admission à l'IAE, avec le responsable de la formation, à qui j'ai expliqué mon parcours, mes envies et qui a pu tester ma motivation. Il m'a avoué avoir beaucoup aimé mon dossier : j'avais bon espoir en sortant du rendez-vous du coup. Il faut dire que j'avais mis toutes les chances de mon côté : depuis février, j'avais commencé mes recherches de stage, sachant précisément quel type de poste m'intéressait particulièrement et surtout, surtout, ce que je ne souhaitais pas faire. Après 4 entretiens, fin mai, j'avais trouvé mon stage. Là encore, c'était à chaque fois motivant et rassurant : je dois dire que j'ai eu de très bons contacts avec tous les professionnels que j'ai rencontrés, qui m'ont beaucoup encouragée.

Mi-juillet, j'ai reçu une première excellente nouvelle : mon dossier était accepté par l'IAE, j'étais admise. Premier apéro carabiné pour fêter ça. Et puis en septembre, la seconde bonne nouvelle : le Fongecif a accepté mon dossier de demande de financement. Là, j'ai carrément sorti la boutanche avec les bulles.

Donc, lundi prochain, je visse mon Tann's sur mes épaules et je repars à l'école. A moi les devoirs, les bourrages de crâne, les heures à apprendre mes leçons (à se demander si 4 années de fac ne m'ont pas suffit) et puis aussi, un nouvel environnement professionnel, de nouvelles tâches, de nouveaux collègues, un nouveau trajet, de nouveaux horaires et surtout, surtout, de nouvelles perspectives. 

Si je suis stressée ? Ah ah... C'est rien de le dire. Tout me stresse : les cours, arriver en retard, ne pas être à la hauteur, me rendre compte que je me suis plantée d'orientation, qu'il n'y a pas d'avenir dans la Branche, que je ne vais pas trouver de boulot ensuite,... Tu vois, j'ai de quoi veiller la nuit.

Mais s'il y a bien une chose dont je suis sûre, c'est que j'ai bien l'intention de profiter de cette chance qui m'est donnée. Je sais qu'elle sera forcément source de sacrifices, à commencer par le sport et la salle que je ne vais plus pouvoir fréquenter avec mes nouveaux horaires, le blog, dont la fréquence de publication devrait probablement souffrir de mon manque de disponibilité - pardon par avance - mais c'est le prix à payer vers une autre v(o)ie professionnelle. Une autre vie professionnelle aussi.

Maintenant que vous savez tout, j'ai bien besoin de toutes vos bonnes ondes la semaine prochaine (et les suivantes en y étant). Promis, je vous raconterai. Et d'ici là, si mon témoignage peut convaincre ne serait-ce qu'une personne de se lancer elle aussi, hé bien, je serais la plus heureuse des blogueuses (et bien sûr, je suis dispo pour discuter de mon expérience et de mon parcours, ici ou sur les réseaux sociaux, si cela peut aider quelqu'un).


Mes petits pieds aujourd'hui....
... Mes petits pieds lundi ! ;-) #nouveaulookpournouvellevie




Commentaires

  1. Tu as pris ton temps, réfléchi, ton projet est bien ficelé et tous les signes semblent cohérents pour que cela fonctionne ;-) Tu as eu raison de t'investir dans ce projet!

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    1. Merci ! Maintenant, je n'ai plus qu'à me retrousser les manches !

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  2. C'est génial, ça ! Pour la première partie de l'article, tu as tout à fait raison.
    J'aimerais vraiment changer de métier, mais à chaque fois il y a des obstacles et je ne sais toujours pas vers quoi me diriger. P-E m'a refusé le bilan de compétence et a estimé que je n'avais pas assez de compétence pour une VAE.... bon ben demerde toi, alors, hein ! Donc je continue de chercher, chercher, chercher.
    C'est génial pour toi et je suis sûre que tu vas y arriver car on sent bien ta réelle motivation et c'est déjà une bonne partie du travail.

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    1. Du grand n'importe quoi Pole Emploi : ils préfèrent de verser des allocations plutôt que de t'aider à rebondir. Pour la VAE, Papa est occupé est passé par là, c'est un long chemin, il faut être très motivé mais le jeu en vaut la chandelle. Tu ne pourrais pas mobiliser des heures de CPF par hasard, pour financer toi-même une formation ou un bilan de compétences ?

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  3. Et ben je suis super contente pour toi ma belle! que de bonnes nouvelles!! L'important c'est ton épanouissement autant personnel que professionnel alors fonce! Courage pour tout et je croise les doigts!! Gros bisous :*

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    1. Je te confirme : je fonce ! Merci pour tes encouragements :-)

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  4. Je t'envoie toutes mes bonnes ondes xxxxxxxxx

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    1. Merci (il va m'en falloir quand même un peu) !

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  5. Je suis sûre que tu vas tout déchirer !!!! ;-)

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  6. Quel courage!
    Bravo et bonne réussite!

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